Viennent ensuite les jeux, qui constituent un vrai marché de masse, touchant tous les publics. Il n'est ainsi pas plus rare de voir une femme de plus de cinquante ans échanger des e-mails avec son mobile, jouer à Tétris ou, plus récemment, à des quizz d'entraînement des méninges, qu'un jeune de 15 ans s'adonner à une partie de PacMan ou autre "mobile game".Les téléchargements de musiques (sonneries ou titres en intégralité) sont également devenus depuis 2005 une pratique en plein boom, résultant directement des débits offerts par la 3,5 G (normes CDMA 1xEvDo chez KDDI ou W-CDMA/HSDPA chez NTT DoCoMo), dix fois supérieurs à ceux de la 3G de base.
Ainsi, au Japon, même si les baladeurs tels que l'iPod d'Apple ou les Walkman de Sony sont des objets populaires, les ventes de musiques en ligne se font dans plus de 90% des cas directement via les mobiles qui servent également de baladeurs. A noter que tous les terminaux 3G sont dotés d'une mémoire interne qui atteind parfois 1 gigaoctet (Go) et d'un emplacement pour carte amovible.
Autres contenus en vogue: les vidéos. Outre les services de téléchargement de clips et autres séquences animées, les chaînes traditionnelles (NHK, Nippon TV, TV Tokyo, TV Asahi....) peuvent désormais être reçues directement via le réseau hertzien de télévision numérique (TNT mobile ou télévision numérique personnelle dans le jargon français) grâce à un tuner intégré dans les récents terminaux.

La TNT mobile, lancée en avril 2006 sous la dénomination "OneSeg", gagne en popularité. Cette fonction constitue désormais un puissant facteur d'attraction pour le renouvellement de mobiles (plus fréquent au Japon qu'en Europe, tous les 12 à 15 mois en moyenne).
De fait, on commence à voir dans les cafés ou sur les quais de gare des personnes regardant les infos sur l'écran de leur téléphone. La radio numérique est elle aussi en passe d'arriver, avec une qualité audio inégalée sur la bande FM. Elle est expérimentée depuis janvier 2007 à Tokyo et Osaka et peut d'ores et déjà être reçue par quelques terminaux.
La lecture (et même l'écriture) de romans et autres livres disponibles en téléchargement devient aussi un phénomène massif chez les jeunes, et notamment chez les adolescentes, alors que les livres électroniques dédiés n'ont jamais percé. Comme on vous l'a longuement expliqué ici, le "keitai" est de facto, le plus prometteur des supports de lecture d'ouvrages numérisés, dont certains n'existent d'ailleurs pas sous une forme imprimée.
Enfin, n'oublions pas que tous les Japonais qui possèdent un téléphone portable l'utilisent aussi comme appareil photo numérique principal ou d'appoint, collectionnant les clichés qu'ils prendront même parfois la peine d'imprimer.

Voilà pour les pratiques les plus majoritairement et fréquemment utilisées. On dira que ce n'est finalement pas très loin de ce qu'on constate ailleurs. A une différence près, et non des moindres: l'ampleur du phénomène. Alors qu'en Europe ces diverses pratiques et l'adoption de la 3G restent cantonnées à une niche, au Japon, elles sont massivement adoptées, sans considération d'âge, de sexe, ou même de rang socio-culturel. Et ça change tout.

Dans la seconde partie, on s'intéressera aux autres types d'usages (commerce en ligne, monétique et billeterie) plus avant-gardistes, pour lesquels le Japon fait figure de pionnier, et aux raisons pour lesquelles les Nipppons ne sont décidément pas des mobilautes comme les autres.
Article rédigée par Karyn Poupée. Retrouvez la sur son blog : http://tokyo.viabloga.com/



