Les débuts...
Le 15 Novembre 1999, le géant nippon annoncait lors du Comdex 1999 de Las Vegas, un accord avec la société Palm Inc (PalmSource et palmOne n'étaient pas encore séparés en deux entités indépendantes) pour l'utilisation du système d'exploitation Palm OS dans sa future gamme d'Assistants Personnels Numériques.
Quelques années plus tard (cinq), Sony annonce à la surprise générale son retrait des marchés américain et européen du PDA et par là-même la fin de la disponibilité de sa gamme Clié. Avec pour constat un marché loin du potentiel escompté, le géant japonais décide de se retirer pour mieux se recentrer vers une gamme VAIO qui prend de plus en plus d'importance. Cette décision plonge par la même occasion des millions de fans dans une tristesse non dissimulée et fait renaître une nostalgie exacerbée.
PDAfrance a traversé et accompagné tous les acteurs de cette industrie mobile depuis le début. C'est la deuxième fois qu'un retrait nous touche particulièrement (je mets de côté le retrait de Psion pour me concentrer que sur le camp Palm OS). En effet, le constructeur Handera avait annoncé la fin de sa gamme TRG sous Palm OS le 16 avril 2003. On avait vu un pionnier du PDA partir sans pertes et fracas, et on se disait à l'époque qu'Handera était bien trop petit (moins de 30 personnes) pour assumer une explosion du marché des assistants personnels.
Cette fois ci, c'est Sony. Un giga-monstre de l'électronique grand public, des milliards de dollars US en recherche et développement et une culture de l'innovation sans précédent, qui tire sa révérence. Nous sommes bien sûr triste parce que Sony nous faisait rêver, et c'est déja beaucoup dans un domaine informatique où chaque annonce-produit du géant nippon créait immanquablement une effervescence incontrôlée. Mais nous sommes surtout triste car cette annonce signifie également que le marché PDA est morose... Il le sera encore plus sans Sony.
La question que tout le monde se pose est : "pourquoi ?" Mais pourquoi donc ? Nous ne sommes pas dans le secret des dieux, mais une raison économique et purement comptable nous vient tout de suite à l'esprit. Sony n'aurait plus assez d'argent ? Non, nous sommes sans doute loin du compte. Mais Sony n'aime pas perdre de l'argent et la division Clié ne doit sans doute pas avoir donné un bon retour sur investissement. Le marché PDA mondial devrait s'élever à 60 millions d'exemplaires cette année, c'est bien peu pour autant d'investissement. Il y a 5 ans, tous les analystes prédisaient plusieurs centaines de millions d'unités. Encore une fois, ils se sont trompés....on est très loin du compte.
Une deuxième raison nous vient ensuite, et on peut la résumer sans détour par "convergence téléphonie". En avril 2001, Sony et Ericsson annoncaient en grande pompe leur fusion dans le secteur de la téléphonie mobile. Cette union a sans doute pesé lourd dans la décision de Sony aujourd'hui. En effet, la convergence entre téléphonie mobile et PDA est de plus en plus flagrante et au niveau du consommateur Lambda, il est difficile d'expliquer pourquoi prendre un Clie TH55 qui ne "communique" pas au lieu d'un Sony Ericsson P900 qui, lui, permet en plus de téléphoner. Bien sûr, il y a aussi dix millions d'autres bonnes raisons pour nous, utilisateurs avertis, de choisir le premier, mais le commun des mortels ne voit que les utilisations classiques. Photo, text messaging, voix et musique. Le reste rentre pour lui rapidement dans le cadre du superflu.
L'ambiguité devenait sans doute trop pesante, le président de Sony a tranché en prenant la voie qui a le plus gros potentiel. Sony aura marqué cette industrie d'une belle empreinte, faisons maintenant ensemble un récapitulatif des grands moments de cette histoire.
J'ai invité Romain Saillant, fondateur du site CliéAndCo, a s'associer à moi pour apporter, avec les miens, ses commentaires à cette histoire...de cinq ans de Clié. Voici donc...

